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ASSOCIATION SUISSE DE ZOOTHERAPIE   

     
     Les interventions assistées par l'animal                   
 




 

La zoothérapie est un terme regroupant plusieurs disciplines; elles sont thérapeutiques, pédagogiques, éducatives ou encore ludiques.

Dans tous les cas, la présence de l'animal est le pôle déterminant de l'action visée. Le contexte et l'utilisation de l'animal varie en fonction de l'objectif à atteindre.
 






Le choix se fait selon différents critères:

- la nature de la demande
- les caractéristiques de l'espèce requise
- les compétence de l'animal lui-même

Le but, quel que soit la discipline, peut aller du simple fait d'améliorer la qualité de vie de la personne visée, jusqu'à l'élaboration d'un objectif précis, visant à développer chez elle un potentiel social, psychoaffectif, physique ou cognitif.
 

 

Savoir plus sur...

L'historique de la zoothérapie et premiers résultats scientifiques
  Les méthodes d'intervention
 

     Ces deux textes sont protégés copyright © Lehotkay 2007

Historique de la zoothérapie et premiers résultats scientifiques     

De l’Antiquité à nos jours, l’animal a toujours fait partie de notre environnement, autant physique que spirituel. D’abord considéré comme une sorte d’intermédiaire entre le monde des humains et celui des dieux, il a petit à petit acquis une valeur propre, jusqu’à devenir animal de compagnie. Bien avant que ce phénomène - animal de compagnie - n’atteigne l’importance qu’il a de nos jours, son effet bénéfique sur l’Homme était déjà reconnu au 17e siècle. On pensait en effet que s’occuper d’un animal pouvait rétablir l’harmonie entre le corps et l’esprit. Aux 18e et 19e siècles, diverses espèces d’animaux faisaient partie intégrante du décor de plusieurs institutions de soins en Angleterre et ailleurs. Il a toutefois fallu attendre la fin du 20e siècle pour que la recherche se développe et démontre alors scientifiquement les effets bénéfiques que l’animal peut avoir sur la santé physique et psychologique des humains.

 

Le premier article publié semble être celui de James H. S. Bossard en 1944, The mental hygiene of owning a dog (L’hygiène mentale résultant de la possession d’un chien). Cet article, qui a énormément de succès à sa parution, fait la revue de 13 bienfaits liés à la possession d’un chien (exemples : il permet d’exprimer son affection, donne de l’affection, contribue au développement de l’enfant comme l’apprentissage de l’hygiène ou l’éducation sexuelle, il permet la satisfaction du désire de pouvoir et consiste en un "catalyseur social".

 

Dans l’ouvrage de Sigmund Freud publié en 1959, The interpretation of dreams (L’interprétation des rêves), l’auteur développe l’idée selon laquelle les origines de la névrose viennent de la nature bestiale de l’Homme. Ainsi, les images d’animaux récurrentes dans les rêves consiste en un mécanisme métaphorique qui déguise les pensées et sentiments inacceptables. L’animal est également considéré comme un catalyseur favorisant l’interaction sociale.

 

Considéré comme le père de la zoothérapie, Boris Levinson publie en 1962 un premier article intitulé The dog as a co-therapist (Le chien en tant que co-thérapeute). Ayant observé l’effet d’un petit chien sur la capacité de communiquer d’un enfant autiste, il introduit alors un chien dans sa pratique de psychothérapeute pour enfants. Reprenant alors les idées de Freud, il propose que la solution de la névrose consiste à restaurer une connexion saine avec son moi intérieur (nature animale inconsciente) en établissant une relation positive avec des animaux réels.

 

Malgré plusieurs publications de Boris Levinson dans les années 60, ce n’est qu’à partir de 1980 que la recherche s’intéresse à l’impact de l’animal de compagnie sur la santé de l’humain. Ainsi, l’article de Erika Friedmann et ses collaborateurs, Animal companions and one-year survival of patients after discharge from a coronary care unit, publié en 1980, devient le déclencheur de l’intérêt scientifique pour ce nouveau domaine qu’est la zoothérapie. Cette étude démontre qu’après un accident cardiaque, les propriétaires d’un animal de compagnie ont une meilleure et plus rapide convalescence. Les effets bénéfiques au niveau physiologique sont alors démontrés.

 

En 1984, dans leur article intitulé A new look of pet facilitated therapy (Une nouvelle vision de la thérapie facilitée par l’animal) Beck et Katcher font le revue des derniers articles publiés avec la question suivante : la thérapie assistée par l’animal a-t-elle un effet bénéfique au niveau psychologique ? Les auteurs ne démontrent alors aucun résultat concluant mais notent qu’il faut faire une distinction importante entre la thérapie à proprement parler et l'amélioration de la qualité de vie en général.

 

Bien qu’un premier article de James Bossard en 1944 sur les bienfaits liés à la possession d’un chien ait eu beaucoup de succès à l’époque, et que Boris Levinson ait développé la thérapie assistée par l’animal dans les années 60, ce n’est donc qu’à partir des années 80 que les scientifiques se sont réellement intéressés à ce domaine de recherche.

 

Depuis, plusieurs études ont démontré que la présence d’un animal dans un contexte thérapeutique pouvait effectivement avoir un effet très bénéfique sur la personne ciblée. En effet, sur 194 publications analysées (Lehotkay, 2005), plus de 80% donnent des résultats positifs. Que cela soit pour des enfants avec un trouble du comportement, des personnes handicapées physiques ou des personnes âgées soufrant de solitude, pour ne citer que ces exemples, la présence d’un animal est bénéfique à plusieurs niveaux. Ainsi, l’animal nous permet d’exprimer notre affection, il permet de développer les interactions sociales, il contribue à un sentiment d’acceptation inconditionnelle, il diminue le stress, il permet d’augmenter l’estime de soi, il réduit l’anxiété et la dépression, il est une source de motivation pour l’apprentissage, il permet une stimulation des fonctions cognitives et sensorielles, ainsi que des habiletés perceptivo-motrices, et enfin, il offre un contexte normalisant à la thérapie. En fait, la présence de l’animal "humanise" la thérapie.

 

La zoothérapie est un domaine de recherche très récent. Son développement s’est fait en fonction de l’importance du phénomène "animal de compagnie" qui s’est principalement développé depuis les années 70 (résultat de l’exode rural). Etant donné la récence de ce domaine de recherche, les théories et procédures sont en cours de définition.  

                                                                                           

 

Copyright © Lehotkay 2007

 

 

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LES METHODES D'INTERVENTION                                             

La zoothérapie se définit comme une méthode d’intervention basée sur la relation particulière que l’homme a développé avec l’animal et qui a pour but d’améliorer la santé mentale ou physique d’une personne, ou tout simplement sa qualité de vie. L’objectif de cette méthode peut ainsi être thérapeutique mais aussi préventif ou pédagogique. Dans chaque contexte l’idée est la même et consiste à amener l’animal dans l’environnement de la personne ciblée afin de faciliter le lien entre celle-ci et l’intervenant. L’amélioration de cette relation permet alors d’atteindre plus rapidement l’objectif choisi.

 

Les méthodes

La zoothérapie englobe deux disciplines principales, la thérapie assistée par l’animal (TAA) et l'activité assistée par l’animal (AAA).
 

 

 

1. Thérapie assistée par l’animal (TAA)

C’est une méthode d’intervention utilisée comme auxiliaire aux thérapies conventionnelles où l’animal joue un rôle d’intermédiaire entre le praticien et la personne ciblée. L’animal est ici considéré comme un adjoint thérapeutique.

 

 

Exemples :             

 

·    Les psychothérapies de type analytique ou cognitivo-comportementale sont un contexte particulièrement adapté à l’introduction d’un animal dans le but d’améliorer le lien thérapeutique entre le professionnel et le patient.

 

·    Les physiothérapies utilisant l’animal, telle que la delphino-thérapie (thérapie par le dauphin) ou l’hippothérapie (thérapie par le cheval) apporte une motivation supplémentaire qui amène le patient à se surpasser.

 

·    La thérapie du langage assistée d’un animal consiste à introduire un animal dans l’exercice afin de motiver le patient et apporter un environnement normalisant à la thérapie (ex : logopédie, aide à l’apprentissage de la lecture).

 

 

 

2. Activité assistée par l’animal (AAA)

De manière générale, c’est une méthode préventive utilisant l’animal dans le but d’améliorer la qualité de vie de la personne ciblée en augmentant sa motivation à participer à des activités récréatives ou éducatives. Dans certains cas, cette méthode peut également être pédagogique, particulièrement auprès des enfants.

 

 

Exemples :             

 

·    L’animation animalière consiste en une activité liée au monde de l’animal. On retrouve ce genre d’animation dans les foyers pour personnes âgées, les écoles et tous lieux où des activités de groupes peuvent être organisées.
L’animation pédagogique
, telle que la prévention des morsures de chiens organisée par l’Association PAM (Prévention des Accidents par Morsures),
et la Ferme pédagogique, où l’objectif est de permettre un apprentissage dans un contexte animalier, sont des exemples présents en Suisse romande.

 

 

·    La visite animalière est l’activité la plus connue à ce jour et consiste en la visite d’un intervenant accompagné de son animal. Plus fréquemment présentes dans les foyers pour personnes âgées, elle apporte à ces dernières une activité différente qui les sort de leur train-train quotidien et améliore ainsi leur qualité de vie.

 

·    Le service animalier est l’activité qui ne demande aucune présence humaine, c’est-à-dire qu’un animal est simplement placé dans la chambre du patient qui doit s’en occuper. Ce genre d’activité est encore peu fréquente étant donné que l’environnement du patient est souvent hospitalier et qu’il ne permet pas l’introduction d’un animal dans ses murs.


 

Ainsi, la thérapie assistée par l’animal est considérée comme différente de l'activité assistée par l’animal, mais la distinction est parfois difficile à faire !
 

  Les thérapies peuvent utiliser l’activité.
(ex : la thérapie cognitivo-comportementale)
 
 

Les activités peuvent être thérapeutiques.
(ex : la présence d’un animal peut éliminer la dépression)

 


 

Il a donc été décidé de distinguer la thérapie de l’activité de la manière suivante :

 
 

La thérapie assistée par l’animal requiert :
 

  1) de déterminer clairement les objectifs
  2) de procéder à des évaluations aux différentes étapes du traitement (ex : avant et après le traitement)



L’activité assistée par l’animal

    quant à elle, ne requiert aucun objectif thérapeutique
ni aucune évaluation.



Rappelons ici que cette distinction entre la thérapie et l'activité assistée par l'animal, basée sur les objectifs et les évaluations, a été adoptée afin de permettre la différenciation des approches thérapeutiques ou non dans le domaine de la recherche en zoothérapie.
 
Evidemment, dans le cadre d'une activité pédagogique ou de prévention, l'intervenant travaille également avec des objectifs, étant donné que le but de ces activités est de conduire à un apprentissage spécifique.
 

                          Copyright © Lehotkay 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29.01.2012