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Historique de la zoothérapie et premiers résultats scientifiques
De l’Antiquité à nos jours, l’animal a
toujours fait partie de notre environnement, autant
physique que spirituel. D’abord considéré comme une sorte d’intermédiaire entre
le monde des humains et celui des dieux, il a petit à petit acquis une valeur
propre, jusqu’à devenir animal de compagnie. Bien avant que ce phénomène -
animal de compagnie - n’atteigne l’importance qu’il a de nos jours, son effet
bénéfique sur l’Homme était déjà reconnu au 17e siècle. On pensait en effet que
s’occuper d’un animal pouvait rétablir l’harmonie entre le corps et l’esprit.
Aux 18e et 19e siècles, diverses espèces d’animaux faisaient partie intégrante
du décor de plusieurs institutions de soins en Angleterre et ailleurs. Il a
toutefois fallu attendre la fin du 20e siècle pour que la recherche se développe
et démontre alors scientifiquement les effets bénéfiques que l’animal peut avoir
sur la santé physique et psychologique des humains.
Le premier article publié semble être
celui de James H. S. Bossard en 1944, The mental hygiene of owning a
dog (L’hygiène mentale résultant de la possession d’un chien). Cet
article, qui a énormément de succès à sa parution, fait la revue de 13 bienfaits
liés à la possession d’un chien (exemples : il permet d’exprimer son affection,
donne de l’affection, contribue au développement de l’enfant comme
l’apprentissage de l’hygiène ou l’éducation sexuelle, il permet la satisfaction
du désire de pouvoir et consiste en un "catalyseur social".
Dans l’ouvrage de Sigmund Freud publié
en 1959, The interpretation of dreams (L’interprétation des rêves),
l’auteur développe l’idée selon laquelle les origines de la névrose viennent de
la nature bestiale de l’Homme. Ainsi, les images d’animaux récurrentes dans les
rêves consiste en un mécanisme métaphorique qui déguise les pensées et
sentiments inacceptables. L’animal est également considéré comme un catalyseur
favorisant l’interaction sociale.
Considéré comme le père de la
zoothérapie, Boris Levinson publie en 1962 un premier article intitulé
The dog as a co-therapist (Le chien en tant que co-thérapeute). Ayant
observé l’effet d’un petit chien sur la capacité de communiquer d’un enfant
autiste, il introduit alors un chien dans sa pratique de psychothérapeute pour
enfants. Reprenant alors les idées de Freud, il propose que la solution de la
névrose consiste à restaurer une connexion saine avec son moi intérieur (nature
animale inconsciente) en établissant une relation positive avec des animaux
réels.
Malgré plusieurs publications de Boris
Levinson dans les années 60, ce n’est qu’à partir de 1980 que la recherche
s’intéresse à l’impact de l’animal de compagnie sur la santé de l’humain. Ainsi,
l’article de Erika Friedmann et ses collaborateurs, Animal companions
and one-year survival of patients after discharge from a coronary care unit,
publié en 1980, devient le déclencheur de l’intérêt scientifique pour ce
nouveau domaine qu’est la zoothérapie. Cette étude démontre qu’après un accident
cardiaque, les propriétaires d’un animal de compagnie ont une meilleure et plus
rapide convalescence. Les effets bénéfiques au niveau physiologique sont alors
démontrés.
En 1984,
dans leur article intitulé A new look of pet facilitated therapy (Une
nouvelle vision de la thérapie facilitée par l’animal) Beck et Katcher
font le revue des derniers articles publiés avec la question suivante : la
thérapie assistée par l’animal a-t-elle un effet bénéfique au niveau
psychologique ? Les auteurs ne démontrent alors aucun résultat concluant mais
notent qu’il faut faire une distinction importante entre la thérapie à
proprement parler et l'amélioration de la qualité de vie en général.
Bien qu’un premier article de James
Bossard en 1944 sur les bienfaits liés à la possession d’un chien ait eu
beaucoup de succès à l’époque, et que Boris Levinson ait développé la thérapie
assistée par l’animal dans les années 60, ce n’est donc qu’à partir des années
80 que les scientifiques se sont réellement intéressés à ce domaine de
recherche.
Depuis, plusieurs études ont démontré que
la présence d’un animal dans un contexte thérapeutique pouvait effectivement
avoir un effet très bénéfique sur la personne ciblée. En effet, sur 194
publications analysées (Lehotkay, 2005), plus de 80% donnent des résultats
positifs. Que cela soit pour des enfants avec un trouble du comportement, des
personnes handicapées physiques ou des personnes âgées soufrant de solitude,
pour ne citer que ces exemples, la présence d’un animal est bénéfique à
plusieurs niveaux. Ainsi, l’animal nous permet d’exprimer notre affection, il
permet de développer les interactions sociales, il contribue à un sentiment
d’acceptation inconditionnelle, il diminue le stress, il permet d’augmenter
l’estime de soi, il réduit l’anxiété et la dépression, il est une source de
motivation pour l’apprentissage, il permet une stimulation des fonctions
cognitives et sensorielles, ainsi que des habiletés perceptivo-motrices, et
enfin, il offre un contexte normalisant à la thérapie. En fait, la présence de
l’animal "humanise" la thérapie.
La zoothérapie est un domaine de
recherche très récent. Son développement s’est fait en fonction de l’importance
du phénomène "animal de compagnie" qui s’est principalement développé depuis les
années 70 (résultat de l’exode rural). Etant donné la récence de ce domaine de
recherche, les théories et procédures sont en cours de définition.
Copyright © Lehotkay 2007
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